On est en 1902, à Saint-Pierre en Martinique, dans une ville qui brille. La « petite Paris des Antilles », qu’ils disaient.
Les robes sont propres, les cafés sont pleins, et la montagne, là-haut… fume.
En bas, dans une cellule étroite,à l’ombre humide d’un cachot, un ivrogne nommé Cyparis est fait prisonnier. Un homme sans histoire.
Un ivrogne enfermé pour une bagarre, une rixe au couteau sous rhum qui aurait mal tourné.
Un ivrogne, un perdu, un vieux gars, le genre de vagabond crasseux qu’on évite le soir et qu’on oublie facilement le jour.
Le matin du 8 mai 1902, la ville s’habille pour la fête, les cloches, les marchés, le carnaval tonnent, et lui, dans son trou de pierre, passe son temps à tourner en rond.
Et c’est dans le tournis de son enfermement qu’il a senti la chaleur grandir.
Et BOUM, le réveil du volcan, dans un souffle simple et chaud qui a fait plus de 25 000 morts, l’éruption la plus meurtrière du XXe siècle.
Plus de rues, plus de théâtre, plus de « petite Paris des Antilles ».
Ne resta alors qu’une ville en cendres et lui dans sa cellule.
Parce que la pierre était épaisse.
Parce que la fenêtre était minuscule.
Parce que parfois, le ciel écrit de ces choses.
Très vite, Cyparis a suscité la curiosité d’un monde nouveau, fasciné par ses plaies. Il est récupéré par le cirque Barnum, le plus grand cirque du monde, dans un numéro intitulé : LE SEUL OBJET VIVANT QUI SURVÉCUT DANS LA CITÉ SILENCIEUSE DE LA MORT
Tous les jours, de ville en ville, cet homme devait rejouer le feu, le cri la peur devant un public qui, à la fin, applaudissait bien souvent blanc.
mercredi
11 novembre
2026 20:00
11 novembre
2026 20:00
Cyparis
Le dernier objet vivant qui survécut
Cyparis ou le dernier objet vivant qui survécut dans la cité silencieuse de la mort est une plongée sensorielle dans un récit historique
DISTRIBUTION
De Laurent Barbot